Les bijoux en métal oxydé de la pétillante Souganiya Pandiane

Derrière la marque de bijoux fantaisie Kashya se cache cette femme, une belle créatrice de tendance qui ajoute du pétillant à nos tenues, grâce à ses superbes bijoux. Indiya aime ses bijoux fins et authentiques, mais aussi la femme derrière ce joli nom de marque qui nous fait voyager..

Indiya : Hello Souganiya, comment ça va en ce jour ensoleillé ?

Souganiya : Au top de ma forme (rires)!

I : Peux-tu te présenter en quelques mots?
S : Je m'appelle Souganiya Pandiane, j'ai 29 ans, bientôt 30 ans.... Je suis de la région parisienne. Je suis actuellement expertise comptable pour une grande boîte, cela fait 10 ans environ que je baigne dans le monde de la compta (rires), et je suis devenue entrepreneur grâce à ma marque de bijoux Kashya, elle est ma première passion, mon "à côté" que je chéri chaque jours (rires). Je suis une personne qui a besoin que ça bouge constamment, d'où ma seconde passion pour les voyages. Je suis aussi l'ainée de deux frères : 18, et 24 ans.

I : À quel moment as-tu eu l’idée de lancé Kashya?
S : Tout se passe en 2018, quand j'ai eu cette envie en moi de vouloir changer un quelque chose dans ma vie. Au bout de 10 ans de salariat, on a clairement envie de casser la routine. Une envie de me booster au quotidien, me challenger, être passionné. Un projet? Pourquoi pas? Mais je voulais qu'il me ressemble, à moi, mes origines, mes goûts et en même temps qu'il plaise au plus grand nombre. Je me rendais compte autour de moi, que beaucoup de choses bouger, notamment sur les réseaux sociaux, une nouvelle ère pour les créateurs, une facilité de créer de petites boutiques en ligne, de vivre de sa passion. En gardant cette idée dans un coin de ma tête je pars en Inde en 2019, à Pondicherry qui est ma ville natale où l'idée de ma marque est née.

I : Je suis donc curieuse d'en savoir plus sur la naissance de ta marque. Et pourquoi des bijoux en argent oxydé?
S : Durant mes précédents voyages, cela m'arrivait souvent d'apporter des souvenirs de vacances à mes collègues de travail, elles en sont devenus assez fidèle (rires) : les petits bijoux en métal oxydés faisaient partie du voyage retour. C'est là qu'une idée m'est venue, pourquoi ne pas commercialiser ses bijoux qui je trouve trop magnifiques : ils sont beaux, de qualités, abordables, ils plaisent, que demander de plus. La plupart des bijoux indiens que nous connaissons, sont souvent de couleur or, ornées de cristaux et de perles etc, nous les portons pour des occasions spéciales.

Ce que j'aime personnellement sur les bijoux en métal, c'est le côté simple et bohème, il est très facile de créé des looks western avec une touche ethnique, il est très facile de les porter au quotidien. Et pourtant ce ne sont pas les modèles les plus vendus ici en France ou... que l'on trouve facilement malgré qu'il y a de la demande!! 
Et pour te dire, je me suis longtemps posé la question du pourquoi? Le métal oxydé a souvent une connotation "cheap" chez moi en Inde, seules les femmes bohémiennes indiennes en portent beaucoup, elles sont une communauté de voyageurs. Et puis, tu sais en Inde on aime beaucoup le luxe, surtout en matière de bijoux. D'ailleurs le gouvernement indien estime qu’il y a entre 20 000 et 25 000 tonnes d’or physique dans les mains des citoyens indiens à travers tout le pays, ce qui est ÉNORME! Tu te rends compte?!
Du coup, je me suis dit pourquoi ne pas faire découvrir ma culture à travers ces bijoux à une clientèle sud-asiatique certes, mais aussi française!! C'est assez à ce moment-là, que je décide de revenir avec quelques pièces de différents modèles minutieusement choisis par mes soins.

I : L'aventure commence à ce moment pour KASHYA?
S : Oui, je lance une page Instagram avec quelques photos très basiques de mes produits, mais franchement rien de très attirant (rires). Je rencontre sur les réseaux une jeune femme, qui était dans le Digital Marketing, elle venait en aide aux petites entreprises à développer leurs images de marque, elle partage avec moi pleins de petits tips pour améliorer Kashya. Je reprends donc tout à zéro, je commence à vraiment jouer le jeu, je m'intéresse à la photo, puis à la communication, puis au marketing, etc... et tu sais quand tu es seule à tout faire, tu deviens très vite auto-dictate, je me suis prise de passion pour ses différents domaines, je développais mes compétences par la même occasion.
Et de jour en jour, je voyais mon compte Instagram attirait plus de followers, c'était trop bien, j'étais heureuse!
Mais ce qui m'a vraiment aidé à booster ma visibilité ce sont les collaborations avec d'autres marques. Les débuts n'ont pas été faciles, parce que l'on reçoit beaucoup de refus. Un compte avec seulement 10 followers au début ne donne pas envie. Mais avec beaucoup de persévérance j'y arrive, et je réussis enfin à montrer les mélanges de style.

I : Dans quel esprit as-tu choisi le nom de ta marque?
S : (Rires) On pourrait croire que c'est un nom recherché etc, alors que ce n'est pas du tout le cas (rires). Un proche m'a parlé de ce nom, que l'on retrouve souvent au Népal et qui est issu du sanskrit (langue ancestrale). C'est un nom mentionné dans le Mahābhārata (livre antique de l'hindouisme) et représente l'un des nombreux noms propres utilisés pour les personnes et les lieux.
Il représentait donc parfaitement mes produits.

I : As-tu toujours pensé à devenir entrepreneur ? Enfant, tu avais envie de quel genre d'avenir?
S : Tu sais enfant, j'avais déjà cette volonté de diriger (rires), leader dans l'âme (rires) comme quelque chose d'inné, tu peux comprendre je pense?
Je voulais absolument casser l'image de la femme indienne d'une ancienne génération (souvent dépendante de ses parents ou de son mari, qui a très peu de marge de manoeuvre en terme de carrière professionnel). Pour te dire, je vais avoir bientôt 30 ans, je ne suis pas mariée, ni d'enfants (rires). Je suis clairement consciente que des femmes en couple et avec ou sans enfants réussissent très bien leurs carrières professionnelles. Mais tu comprends, je n'ai jamais voulu prendre le risque, j'avais peur que ce changement dans ma vie personnelle me mette un frein dans mes projets. Et puis durant ma vingtaine j'étais très focus sur les voyages, je suis beaucoup partie découvrir le monde, même toute seule en sac à dos.
Cette volonté de diriger se perçoit aujourd'hui dans mon quotidien, en tout cas j'ai tout fait pour m'en rapprocher le plus : dans mon job actuel j'encadre une équipe par moment, j'ai lancé à côté ma marque, je suis indépendante, quelle satisfaction !!!
Il a fallu que je mette aussi beaucoup en confiance mes parents, qui eux avait plutôt une peur de l'échec financier. Je partage souvent avec eux chaque petite réussite dans la volonté de les rassurer, je leur parle de chaque commandes, chaque collaborations etc, cela leur a permis de s'impliquer avec moi dans Kashya. Ils sont plus motivés que moi aujourd'hui (rires)...

I : Quelles sont les qualités indispensables à une créatrice de bijoux ? Quels aspects de ce métier t’enthousiasment le plus ?
S : Savoir prendre le risque. Ça peut très bien se passer, comme il peut aussi y avoir un risque d'échec. Il ne faut donc pas l'effacer de sa tête pour éviter toute déception.
J'ai commencé Kashya avec mes propres moyens, de très petits moyens.... aujourd'hui j'ai réussi à développer et à faire grandir la marque, mais je me suis toujours rassurer en me disant que si mon projet ne réussissait pas, que ce n'est pas grave. Le principal est d'essayer, de tenter!!! Donc les filles allez-y (rires) !!!
Après bien évidemment, il faut s'en donner les moyens et aussi du TEMPS. Donc la deuxième qualité à avoir pour moi, en tant qu'entrepreneur c'est la patience. Clairement, il faut être patient surtout au début. Je suis passée par des moments de doute, car on est tellement sure de soi, de nos produits (la qualité, les prix, etc.), que l'on pense que tout va réussir tout de suite. Alors que pas du tout!!! Je parle ici de mon expérience mais je pense que d'autres ont dus ressentir aussi ça. Il m'a fallu un peu de temps pour faire mes preuves, et je remercierais vraiment mes premières clientes qui ont su me faire confiance.
Et pour finir, je dirais aussi qu'il faut oser en parler, parler de sa marque partout, à tout le monde, le porter sur soi, être prête à accepter le refus quand les personnes n'adhère pas forcément à tes produits. 

I : Racontes nous l’histoire de la naissance d’un des bijoux Kashya, du croquis à la réalisation.
S : J'aimerais tellement mais je ne dessine pas encore mes bijoux. Aujourd'hui ma volonté première est de faire découvrir les bijoux des artisans indiens. C'est pourquoi tu trouveras seulement une à deux pièces de chaque modèle dans mes différentes collections. Je travaille actuellement avec un partenaire "homme" qui se trouve en Inde, c'est mon binôme à l'autre bout du monde (rires). Je précise "homme", parce qu'il n'avait pas cette perception des bijoux dans les début, il a appris avec moi à dénicher la perle rare (rires), il me dit souvent que ce job lui permettra d'être beaucoup plus à l'écoute de sa future femme grâce à moi (éclats de rires).
Il part dénicher chaque jour des modèles rares, souvent je lui envoie un cahier des charges bien précis de mes attentes, et ils essayent au maximum de s'en rapprocher. On travaille beaucoup par téléphone du coup, et des vidéos live. Au début, je t'avoue que ce n'était pas du tout facile, mais avec le temps nous avons réussi à nous coordonner.

On passe beaucoup de temps à choisir nos bijoux, pour te dire les recherches peuvent durer des jours, voire des semaines, car souvent je suis à la recherche du détail qui fera la différence. J'aime que le travail soit appliqué, qu'on y voit clairement la qualité des bijoux que je peux proposer, c'est primordial pour moi. Et avec le temps, j'ai beaucoup appris de mes clientes, de leurs attentes et demandes, ce qui m'aide à diriger mes choix.

I : Pourrais-tu donner quelques conseils aux personnes se lançant dans la création en général et souhaitant lancer leur marque ?
S : Ne pas avoir peur de la concurrence, clairement les réseaux sociaux ont permis à toutes les personnes de développer leurs compétences et ainsi de leur permettre de tenter de nouvelles choses, tels que lancer des marques. Je trouve ça génial !!! 
Mais il y en a beaucoup, et il faut juste faire la différence, travailler et se spécialiser dans un domaine en particulier pour sortir du lot. Dans le monde du bijou, je sais que j'ai énormément de concurrence. Aujourd'hui, ce qui m'a permis de faire de Kashya une réussite, c'est la différence, je propose qu'une matière pour les bijoux : le métal, seules les collections changent.
Et puis la concurrence, peut-être aussi bonne pour un entrepreneur, cela nous pousse à nous chercher davantage, à nous challenger, à apprendre l'un de l'autre. C'est tellement stimulant.

I : Dans tes sources d’inspirations, j’ai pu comprendre qu’il y avait les voyages. Aimerais-tu nous parler d’un pays ou d’une ville dans le monde qui t’inspire particulièrement ?
S : J'aimerais beaucoup partager avec toi, deux pays que je porte dans mon coeur. Le premier c'est l'Inde bien sûre, et surtout ma ville natale qui est Pondicherry. C'est clairement MA ville : celle où je me sens chez moi, où je me sens en sécurité, où je me sens bien dans ma peau, (rires), en fait quand je suis là bas, je suis en forme, je ne ressens aucun stress. Un sentiment d'être à ma place tu vois. Voilà pourquoi j'aime cette ville. Et puis c'est aussi la ville de mes ancêtres, d'où je tiens une partie de moi, mes origines, mes traditions, etc. Cela se sent clairement dans ma vie au quotidien même à Paris, déjà à travers Kashya (rires) mais aussi dans mes goûts culinaires (oui j'adore la cuisine indienne), mes choix de vêtements, de musique, je baigne littéralement dedans (rires).

Et puis le second pays, c'est le Pérou. j'y ai trouvé beaucoup de similitudes avec l'Inde, ils sont très humains, très familles, mais il y a aussi la générosité des gens, leurs bienveillances, la gentillesse. Le Pérou a été une réelle source d'inspiration pour moi en terme d'artisanat et d'art. J'ai découvert d'autres sortes de bijoux, d'autres manières de les travailler. J'ai tellement appris d'eux. Et l'expérience qui m'avait marqué, c'était mon séjour sur l'une des îles du lac Titicaca, celle qui sera gravé à jamais en moi. Les personnes que j'ai rencontré là-bas ont été exceptionnels, ils sont très familles, on trouve souvent plusieurs générations dans la même maison. Ils m'ont accueilli comme un membre de leur famille, c'était extraordinaire cette sensation. Je te parle de maison, c'est plutôt des petites maisons, très petites si je peux dire. Ce sont des maisons flottantes en bambou realisés par leurs propres moyens. Bon déjà ça nécessite beaucoup d'admirations.

Et surtout ils sont complètement autonomes : ils vivent de pêche et de leurs propres cultures, et de la vente des objets artisanaux. Et il y règne la sérénité, la simplicité, le minimalisme, il n'y a pas grand chose, pourtant ils ont le smile et c'est communicant, tu te laisses prendre au jeu, tu t'intégres. Ce voyage m'a permis de revenir à la base, je n'avais pas de réseaux, donc tu vois c'était vraiment le minimum vitale (rires), même pas d'eau chaude (rires). Ce genre de voyage nous change à jamais, j'avais un sentiment d'avoir abandonné ma famille en rentrant. Ça été deux semaines intenses en émotion.

I : D’autres projets à venir, en dehors du monde du bijou ?
S : Oui j'ai un autre projet sur lequel je travaille depuis un moment. Mais il nécessite du temps car j'ai une idée bien précise de ce que je veux. Si tu veux un indice, on reste dans le monde de la mode (rires).

I : La personne qui t'inspire ?
S : Les femmes entrepreneurs, c'est une motivation pour moi !!! Chaque femme est différente, les histoires, leurs parcours, pour moi elles sont mes boosters. Et puis il y a ma mère, elle m'a éduqué comme un garçon toujours, en plus je suis sa première (rires). Elle disait souvent "Si jamais tu te perds un jour, tu dois savoir rentrer à maison seule!", des mots qui ont résonné sans cesse dans ma tête durant mon enfance, qui m'a permis aujourd'hui d'être une femme indépendante. J'admire beaucoup son courage, c'est une femme forte qui a su se débrouiller sans rien en arrivant en France dans les années 80, sans situation, sans repère, sans la connaissance de la langue, sans même un entourage proche. Donc merci Maman!

I : Quel serait la prochaine étape pour Kashya ?

S : Toujours et encore de nouvelles collections. Un nouveau showroom. Et surtout des pop-up store pour aller à l'encontre de vous toutes (rires) !!!! 

Retrouvez les bijoux Kashya sur la page Instagram : @kashya.jewels et son site internet www.kashya.store

Instagram post

Vos paramètres de cookies actuels empêchent l'affichage de contenu émanant de Instagram post. Cliquez sur “Accepter et afficher le contenu” pour afficher ce contenu et accepter la politique d'utilisation des cookies de Instagram post. Consultez la Politique de confidentialité de Instagram post pour plus d'informations. Vous pouvez retirer votre consentement à tout moment dans vos paramètres des cookies.

Accepter et afficher le contenu