Comment lâcher prise au lit ?

Pour vivre une sexualité épanouie, il faut avoir l’esprit le plus libre possible lorsqu’on fait l’amour. Pas si facile... Pendant le sexe (comme pendant la vie), nous sommes souvent traversé par des pensées qui freinent nos élans. Or, s’il y a bien un endroit où le contrôle de soi n’a pas sa place, c’est au lit.


Privilégier la connexion à l’autre

La sensualité et l’érotisme ne se limitent pas à la chambre à coucher. Le rapprochement sensuel et l’intimité du couple sont très importants, car ils contribuent au lâcher prise pendant le rapport sexuel. La sexualité se “travaille” en amont du rapport sexuel. On ne peut pas passer d’un mode non sexualisé à un mode sexualisé comme si on disposait d’un interrupteur. Nous avons besoin d’un cadre préalable pour se sentir en sécurité, connecté avec son/sa partenaire (sur un plan tendre, affectif, de dialogue, non sexuel donc) pour accéder par la suite au désir et la sexualité.

La connexion émotionnelle favorise l’épanouissement sexuel du couple. Instaurer des moments de connexion, par le dialogue, le partage, les câlins, dans l'intimité, peut permettre d'entrer progressivement dans la sexualité. C'est prendre des moments ensemble pour cela, se le dire, les instaurer dans le quotidien (et ne pas attendre qu'ils se présentent tout seuls). Bref, il s’agit de plusieurs petits gestes au quotidien qui montrent un désir d’être intime et de se connecter à l’autre. 

Connaître son corps pour lâcher prise pendant le sexe

L’excitation est avant tout une question de stimulation mentale. Si notre esprit est préoccupé et perturbé, nous restons dans le contrôle. Penser à son ventre, sa cellulite, son orgasme freine le plaisir. Et pour cause : la société exerce une pression très forte sur le corps des femmes. La charge mentale liée à la sexualité est très ancrée dans l’inconscient féminin et même dans la psyché féminine en général. Des injonctions telles que “il faut satisfaire son partenaire”, “l’homme a des pulsions, il faut y répondre“, sont souvent très profondément enracinées. Elles provoquent une pression qui entravent le lâcher prise, la réponse sexuelle.


Avoir conscience de notre anatomie nous ouvre les portes du désir et du plaisir et redéfinit la sexualité féminine selon l’adjectif qui la caractérise : active. Connaître son corps, son fonctionnement et ses zones érogènes permet de nous rassurer, de nous sécuriser, ce qui est fondamental pour une sexualité épanouie. Cela peut passer par la masturbation mais aussi par le soin de soi (prendre du temps, faire un gommage, se masser...). 

Se concentrer sur ses sensations pour favoriser le laisser-aller sexuel

On vous recommande de vous concentrer sur vos sensations et celles de votre partenaire pour accéder au véritable lâcher-prise et au plaisir. En effet, un peu comme lors d’une séance de méditation en pleine conscience, on met de côté ses pensées parasites. Durant le rapport, quand on sent qu’on remonte dans sa tête,  il faut retourner dans le corps, dans ses sensations. Prendre le temps de respirer en conscience peut aider dans ces moments-là.

Certaines pratiques comme le sexe tantrique aident aussi à se reconnecter à l’instant présent, être attentif·ve aux ressentis et aux sensations physiques. Se concentrer sur la chaleur de la main qui effleure le corps, le contact d’une matière sur la peau, le souffle chaud qui caresse la peau. Plus on prend conscience de ce que l’on ressent, plus notre désir trouve sa place, et plus on s’abandonne pleinement à son plaisir. Respirer de manière synchronisée avec son/sa partenaire peut également aider à retrouver une connexion, un lien, et retourner dans les sens, dans le corps.

Oublier la performance pour lâcher prise au lit

Il est essentiel d’oublier la performance pour parvenir à lâcher prise. Les injonctions à la performance, à aimer la sexualité et tout ce qui la compose (avoir beaucoup de désir, être curieux·se de tout, donner envie à l’autre, etc.) sont également des freins à une sexualité épanouie, car elles la brident totalement et la rendent superficielle et moins incarnée, moins authentique.

Moins on se met de contrainte, moins on a d’attentes et plus on avance vers l’extase. Finalement, avoir un orgasme, est-ce si important ? N’oublions pas ce que l’acte devrait être avant tout : un moment de complicité et un plaisir partagé. 

Se sentir en sécurité pour s’abandonner lors du sexe

Au-delà de l’acte sexuel, un élément est fondamental pour se sentir bien et lâcher prise, c’est la sécurité. On ne peut totalement se détendre que si on se sent 100% en sécurité avec son ou sa partenaire. Pour se libérer l’esprit pendant l’acte, il faut se sentir en harmonie avec son ou sa partenaire. Une harmonie qui passe inévitablement par la communication. 

Se poser les questions “qu’est ce qui fait que je me sens secure ?”, “de quels éléments ai-je besoin pour me sentir en sécurité ?” permet de mettre en place les choses pour que tout le monde puisse se détendre et passer un bon moment. On fait donc le point sur nos besoins et sur nos «conditions» : Prendre conscience de la légitimité de poser ses limites, de dire non pour telle ou telle pratique, parler en amont ensemble de ce qu’il est possible de faire et de ce qu’on ne veut pas contribue à mettre en place une ambiance safe pour que chacun puisse lâcher prise !

Écouter son rythme et ne pas aller au-delà de ses envies 

Avant tout, il faut s’écouter et ne jamais aller au-delà de ses envies. Écouter son rythme est fondamental car c’est tout simplement se respecter soi-même et respecter ses envies et limites. Cela revient également à écouter sa propre réponse sexuelle – l’ensemble des réponses de notre corps à une ou des stimulations sexuelles – et à l’accompagner pour qu’elle puisse s’épanouir.

Au moment de l’acte sexuel, si on sent qu’on y est plus, il faut pouvoir l’exprimer, quitte à à faire une pause, le temps de bien se remettre dans la situation et le moment présent. Parfois, nos pensées sont plus fortes que nous. L’envie peut être présente au début du rapport et partir. Aller au-delà de ses envies peut nous bloquer et aboutir à une cassure dans la réponse sexuelle, qui peut induire un malaise, une gêne et même aboutir à des douleurs sexuelles.

Travailler sur ses croyances limitantes et l’origine des blocages

Parfois, on a beau tout essayer pour lâcher prise, le blocage persiste toujours. Il peut alors être pertinent d’en parler à un professionnel. Le laisser-aller peut aussi être entravé par des douleurs, par une éducation stricte, par une expérience traumatisante ou un manque de confiance en soi. Travailler sur les croyances limitantes qui sous-tendent les pensées parasites en amont peut être intéressant, car ce sont en partie elles qui définissent notre manière de nous comporter sexuellement. 
C’est un travail qu’on peut aisément faire en sexothérapie. Quelques séances peuvent aider à débloquer la situation et retrouver le chemin du plaisir et de l’épanouissement.